Pour répondre à cette question, je vous propose de l’illustrer avec le Téléphérique Urbain Sud (TUS) de Toulouse sur lequel j’ai assuré la mission de BIM manager.

Le projet.

POMA, l’industriel qui intervient sur le projet, travaille sur le logiciel NX de Siemens. Il lui fallait intégrer son système avec une partie des informations dans une maquette générale de synthèse d’EXE. Il a utilisé le format d’export .jt (.step pouvait fonctionner aussi).

Nous avons pu ainsi récupérer les systèmes et leurs informations essentielles dans Navisworks pour faire la synthèse du projet. La 3D récupérée est très précise : l’emprise exacte en géométrie des éléments pour visualiser et contrôler l’insertion dans le système général (bâtiment ou station téléphérique dans ce cas précis).

Les maquettes bâtiment sont produites en différents formats de fichiers dans des outils BIM (Rhino, Archicad, Tekla, Revit). Elles sont exportées en IFC vers Navisworks pour une maquette de synthèse détaillée en exécution (béton, métal, enveloppe architecturale, bardage, …). Cet assemblage permet de vérifier les interférences (ou clashs). Dans ce cas précis, la tolérance demandée par l’industriel était de l’ordre de 2 à 5 mm.

Ma mission de BIM manager était d’identifier les clashs de l’assemblage de toutes les maquettes d’EXE, de valider les statuts clashs, de prioriser et d’organiser les clashs en ensemble cohérents pour en diminuer le nombre. La maquette Navisworks sert de support en réunion de synthèse. Le nombre de clashs détectés du projet était de 16 000 par maquette assemblée (une par station de téléphérique). Après révision, il ne reste que 5 000 interférences par station. Celles-ci sont pour la plupart logiques, par exemple le pré-scellement des pieds de poteaux dans le massif est détecté comme clash alors qu’il est normal.

On obtient ensuite une maquette géométrique très précise en 3D qui intègre aussi bien des éléments de type bâtiment qu’industriel.

Retour des différents intervenants.

Les différents intervenants ont apprécié l’utilisation de l’outil de synthèse 3D. Leurs retours peuvent se résumer ainsi :

  • Utilité pour la synthèse par rapport à la pré-synthèse 2D dans laquelle les clashs n’étaient pas détectés auparavant
  • Précision de la 3D
  • Bonne prise en main de la maquette et de Navisworks (visualisation et exploitation des clashs)
  • Meilleures fluidité et coordination inter-lots

Concernant l’industriel, le projet de départ était complexe et contraint. Sans cette méthodologie, la synthèse d’exécution n’aurait pas été assez précise pour anticiper le chantier. Aujourd’hui la bonne anticipation a permis d’éviter tout problème majeur sur le chantier.

Téléphérique Urbain Sud :

Industriel POMA – Génie civil BOUYGUES TP REGIONS France – Enveloppe extérieure d’exécution AURBLANC – Couverture SMAC – Charpente métallique GIRAUD-SERIN